04 juin 2012

Espoir des abusés

espoir

Photo : http://www.fotocommunity.de/pc/account/myprofile/1418299

 

Y’a ces raisons qu’on fout en l’air

Qu’on balance de pore en port

Qu’on déchire et récupère

Histoir’ de pas gâcher le sort.

Et des refrains dans chaque impair

Ces mots qu’on appelle en renfort

Quand sous les yeux se cerne un air

De trop de mal et d’indolore.

 

Y’a c’qu’on cache sous le cœur

Des empreintes et des morceaux

De chair griffée par la douleur,

De fier confi dans un fardeau.

Et des amours, des âmes sœurs

Qui meurtrissent les idéaux

Et qui balafrent la candeur

A coup d’enfin et de pipeaux.

 

Y’a ces milliers de rêves fous

Qu’on n’ose pas peindre de bleu

Couleur du ciel, l’énorme trou

Où gisent morts, parents et vœux.

Et de ces jours mis à genoux

Pour le prix fort d’un bienheureux

Quand on a plus que des verrous

A chaque porte et chaque mieux.

 

Y’a la galère et l’écorchure

A camoufler sous des sourires

Quand trop chialer nous rend moins dur

Et fait s’enfuir amis et dires.

De ces leçons creusant l’usure

Qu’on porte haut sans s’accroupir.

Des recollés à la cassure

Pour se targuer de pas faillir.

 

Y’a les non-dits, les faux semblants

Les utopies, contes de fées

Les trahisons et les blessants,

La solitude et le budget.

Y’a tout c’qui bouffe le mordant

Même la foi, l’honnêteté.

Mais au grand dieu, ô tout puissant

Y’aura jamais  au grand jamais

 

La mort de l’âme et de penser. 

 

Catangèle

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29 mai 2012

Aride Désertion

desert

Toile : http://www.loicpiriou.com/

 

Aride désertion

 

Incertaine est l’envie au flou touché du monde

Quand en corps et encore est meurtrie la tendresse.

Il n’est pire confort qu’un échec qu’on confesse

Seul à seul dans un lit. Solitude profonde.

 

Ainsi chute le temps, de seconde en silence

De l’attente en adieu, se toisant de mépris.

Il n’est plus infectieux qu’un amour qui s’enfuit

Laissant vagabondant le tracé d’une enfance.

 

A chaque jour suffit et sa peine et ses choix

Se fatigue l’espoir, allongé dans le mal

D’espérer entrevoir quelques doux, un signal

Accordant du crédit à ce qui est sans voix.

 

Se coupe le cordon quand se tourne le dos.

Regarder s’en aller ce que l’on a vu naître

Le destin enfanté, des raisons, les peut-être.

Regarder l’abandon dénaturer les mots.

 

Catangele

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07 avril 2012

Les vieux souliers

Les vieux souliers tableau van gogh

"Les vieux souliers" tableau de Van Gogh

 

Combien de nos travers, d’à l’envers et faux pas
Entre rimes et vers, combien à bout de bras
Porte-t-on cafardeux, d’illusions rimaillées
Traîne-t-on valeureux, les godasses usées ?

Ça s’écrie au pinceau, ça s’ébauche à l’usure
Révélant les échos, l’espoir, les écorchures.
Ça s’écrit à l’hiver sans futur composé
Tout le mal qui opère est lacé à nos pieds.

Et pourtant l’encrier déborde de promesses
La palette est peuplée de couleurs et d’ivresses
Se camouflent douleurs, esquintés et blessures
Seul au fond notre cœur s’érige en la culture.

Combien de déceptions, d’amours et fausses routes
Entre mots et leçons, entre forces et doutes
Devons-nous supporter pour croquer l’existence
Devons-nous magnifier pour défier nos errances ?

Ça se prend par la main, par le corps et les tripes
Et pour temps les quatrains n’ont jamais de principes.
De la toile au papier, le peintre est un poète
Simples et vieux souliers, nous créons même quête.

Catangèle

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Les amants

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Toile de Magritte - Les amants ( 1928 )

 

D’un secret sur la langue au tourment d’un adieu
S’est bâti l’interdit, la mort d’une intention.
L’agonie du jour tangue et s’effondre en tes yeux
L’amour n’aura de vie qu’au subi des sanctions.

Ferme les yeux Amour, les mânes te contemplent
La nuit s’est immiscée entre nous et l’envie
Elle peint les contours de tes lèvres, mon temple
Le galbe d’un baiser se teinte d’un sursis.

Nos draps n’auront de soie, qu’au froissé d’un linceul
Condamnés à souffrir, à défier nos péchés
L’amour s’en va périr au jugement dernier.

Les amants n’ont de droits qu’en ce qui les rend seuls :
L’union de leurs soupirs en Jamais dévoilés
Et le mal de pâtir… De n’avoir pu s’aimer.

 

Catangèle

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Au fond de l’abîme

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Photo de http://www.fotocommunity.fr/pc/account/myprofile/1408528

 

Le tableau présentait tout l’écho des « encore »,
La douleur corrompue de l’enfant dérapant
Une aiguille plantée dans le temps qui dévore,
Puis des larmes rompues aux abords du « frappant ».

Le soleil provocant, fournissait l’illusoire
Au déclin bien assis juste au bord de l’envie
Spectateur délinquant au regard provisoire
Recueillait les sursis répandus par la vie.

Dans les tripes meurtries de ces veines bourrées
D’un liquide assassin aux fragrances « bonheur »
Se mêlaient psychiatrie de l’espoir massacré
Et le triste dessein d’un sourire planeur.

Et le gris de la mort dessinée au blaireau
Décrivait pauvreté dans les bras du supplice,
La douleur qui se mord en merci au bourreau
Et l’extase ajustée à l’enfer, doux complice.

Ce tableau présentait tout l’écho des « encore »,
La douleur corrompue de l’enfant délirant
Une aiguille plantée dans le temps qui dévore,
Puis des larmes rompues aux abords d’un mourrant.

 

Catangèle

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Croque-moi la vie

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Photo de: http://yespapaprod.blogspot.com/

 

Peinture-moi l’amour en couleurs estivales
L’automne sera peau passionné d’une toile
As-tu vu cet éclat au ventre des amants ?
Il silence les cris crayonnés en aimant.

Mets un brin de nous, d’eux en souffles de non dits
Le pinceau caressant les rondeurs de l’envie
Le galbe aura l’union comme unique figure
Un soupir de lumière en unique écriture.

Le Tout sera là-bas, juste au bout de ta voie
Il dira la lueur au-dedans. En émoi
Te voilà prodigieux, en un mot magicien
Quand l’écho d’un aimer émerge de tes mains.

Et tu t’attentionnes au vide débordant
D’un regard qui se ride au jeu brisé du temps
L’Amour sera l’enfant qui s’effile en étoile
Reste plus qu’un secret, le parfum de ce voile.

La vie se sourire, se colore à l’usure
Quand au mur suspendue, l’emprunte d’un murmure
Sera peinte d’une âme, un corps et la magie
Sera peinte au tableau d’émotions assorties.

Dessine-moi l’instant qui jamais ne s’éteint
La foi des sentiments qui foisonne en l’humain
Un espoir, un clin d’œil et l’amour dans la soie
Dessine-moi le Mot qui s’unit à tes doigts.

 

Catangèle

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Comme une évidence

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J’écris.Des résidus de nuits, certes flapis
D’insomnies inspirées aux songes mal venus.
Je conjugue mon sort au pas, c’est sans répit
Composé d’imparfait. Ma plume est parvenue !

Dès lors que se devine un mot sur le papier
Au risque de gêner la blancheur d’une feuille
Qu’au tracé de la mine adaptée à ces pieds
Se laissent crayonner sensations qui s’effeuillent.

J’y ai croisé des voix, des instants qui subliment
Lorsqu’au souffle effleuré plus rien n’a de matière
Mes doigts vivent le galbe et le corps de ces rimes
Tel un ventre, âme née qui n’a plus de frontières.

J’écris. Des bouts de chair, des boues de solitude
Les saisons d’une vie, des coulées d’écrits veines
Le sang n’a plus de loi lorsque l’oeuvre est prélude
D’un intime quatrain se déleste l’humaine.

Et quand en un soupir tout s’affole en mon encre
Comme un coeur qui se crie, qui se tord et s’accouche
Se parfont de ratures, de mots et s’échancrent
Mes vers seront Poème en fin sur votre bouche .

 

Catangèle

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Délivrance

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Lorsque le silence lira l’écho d’un bruit d’elle
S’envoleront en rires tous les fous d’éclats.

Pieds et âmes liés épèleront le glas
Voguant tel l’Amer sur un champ d’éternelles.

Il n’est point d’horizon qui couvre vos cheveux
Ni de doigts impatients déposés sur vos lèvres.

Des masqués de secrets… se dénude l’orfèvre
Au tourné de ce vent le voile n’a pas « d’yeux ».

De courbes déformées aux galbes confessés
Le songe se consomme en croquis d’écriture.

Le poème est dessin à qui boit sa blessure
Le poète est chagrin à qui tait l’éclairé.

Nul n’a le temps pour don, ni le coeur ignorance
Quand les cris du silence ont les doigts tachés d’encre.

Alors assisterez aux aveux qui s’échancrent
A l’amor d’une plume accouchant sa naissance.

 

Catangèle

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Et l’amour change demain

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Il en aura fallu des heures à rebours
De ces contes perdus, des comptes à recours
Quand coulaient un à un les blessés de nos nuits
Pour que chaque matin puisse essuyer la pluie.

On en aura jaugé des faux pas à l’endroit
Des tendresses laissées en friche dans nos doigts
Quand au frôlé des draps plus rien n’avait de ciel
Ni ta peau ni mes bras, pas même nos pluriels.

Je l’ai bien vu venir l’erreur à notre table
Elle avait ton sourire au bord du regrettable
Elle avait ton silence en guise de présent
Frisant tant l’indécence quand le mal fut latent.

On en aura permis des temps d’égarement
Des amas de contrits, des oublis de serments
Lorsque de nos regards nous parlions d’aventure
Alors que les trop tard nous criaient l’imposture.

Il en aura fallu des larmes étouffées
Des semblants de repus lorsqu’on nous admirait
Des rictus travestis en voile de bonheur
Quand le tort bien assis avait fané nos cœurs.

Je l’ai bien vu partir l’Amour avec tes yeux
Même si trop longtemps, attendu, espéré
Mais le temps oui le temps m’a nourrie d’utopie
Je n’aurai plus vingt ans à t’offrir en mon lit.

Catangèle

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Douce ivresse

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J’ai bu à m’enivrer son langage amoureux
La chaleur, le doré d’un tremblant de douceur
En croisant, décroisant nos battements de cœur
J’y ai trouvé l’âmant au regard langoureux.

J’ai bu à m’engloutir, me noyer en ses eaux
Ce fut en un soupir, d’une audace à l’audace
Que la voix du hasard nous frôlant face à face
Se tut en nos regards, aux confins de ces mots.

J’ai bu sans retenue l’infini d’un délice
Submergée, défendue dans un flot de tendresse
Les papilles troublées par l’émoi d’une ivresse
Ont fondues, enlisées sous un ciel de supplices.

J’ai bu à m’émouvoir en son puits, en ses yeux
Aspirant tout l’espoir aux palais des saveurs
En son sein un été, l’inondé d’un ailleurs
L’effleuré titubait au rythme de nous : Deux.

J’ai bu à m’étourdir, l’enlacé de l’envie
De sa langue en « frémir » s’est dessiné le ciel
J’ai bu à magnifier les bras de l’Eternel
Quand de l’ardent baiser ce poème naquit.

Catangèle

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