17 avril 2013

The Letters

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14 avril 2013

Qu'Enfer d'aimer ?

 

Qu’en faire dis-moi ? Qu’en faire de ces couleurs blanches aux reflets de nuits ? Ces heures qui se comptent en temps éveillés, en secondes bues à coups de gorgées solitaires ? 

 

Qu'enfer de toi

 

Qu’en faire de ces histoires que je me raconte au coin du feu qui brûle encore dans le cœur ? De ton image accoudée devant moi, où que j’aille, où que je titube, où que je veuille et ne veuille pas. Qu’en faire de ce premier regard tatoué sous mes paupières ? De ce coup de foudre qui raisonne dans nos échanges perdus ? Dans ces années qui m’écrivent encore des mots doux muets, des mots poèmes, des mots silences.

Qu’en faire dis-moi ? De ces jours qui s’évanouissent sur un sol dépeuplé de nos pas dans le futur. De tous ces non-dits qui chuchotent sous mes tempes et se marchandent des Puisque contre des Mais. Qu’en faire de ce croquis inachevé suspendu en-dessous de ma mémoire ? Au-dessus de ces désespoirs qui me harcèlent à chaque coin de joies ?

Parce que c’est pas facile tu sais. Parce que le silence c’est toi. Parce que l’ailleurs c’est toi. Parce que le mutisme c’est toi. J’ai pas appris à être toi. J’ai pas appris à faire toi. J’sais pas faire, et j’apprends …. et j’trébuche.

Alors toi…

Dis-moi qu’en faire ? Qu’en faire de cet amour que tu m’as confié ? De ce Nous qui vit toujours, qui survit dans les chuchotis de l’âme ? Qui batifole avec l’adieu et se déboutonne devant l’infini. Qu’en faire de ce parfum qui me poursuit jusque dans mes oublis. De l’attitude de tes lèvres moulées sur ma peau. Qu’en faire de ces Je que tu m’as appris. De celle que je suis et n’arrive plus à être ? De mon ego désaxé sans ton regard. Qu’en faire de tout ça ?

Qu’en faire de cette envie d’abdication devenue solidaire au besoin d’immortaliser ? De ces sautes d’humeur usées par l’absence ? Qu’en faire de cette douleur de ne plus apercevoir ta présence, de ne plus sentir ton ombre sur la mienne ? De ces mots qui ne te toucheront plus. Qui ne t’atteignent plus. Qu’en faire de cette folie ? De ces épithètes qui parlent tous seuls et de ces métaphores qui perdent la raison ?

J’y ai songé tu sais.... Plumer mes nuits de l’écriture. Gommer ce qui me reste de créer. Mais où que je regarde, l’Impossible me paralyse.

Parce que c’est pas facile tu sais. Parce que le silence c’est toi. Parce que l’ailleurs c’est toi. Parce que le mutisme c’est toi. Parce qu'ici c'est Toi. J’ai pas appris à être toi. J’ai pas appris à faire toi. J’sais pas faire, et j’apprends oui ….

Et j’trébuche.

Alors toi… Dis-moi … Pour qu’Enfer d’aimer devienne Paradis, que faire ?  

Qu’en faire de Toi ?

…..

'cause I believe there's a place
There's a place where we belong.

Musique : Peter Gabriel - Don't give up

Photo : Internet (....)

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07 avril 2013

Déraison palabrée

Hier soir j’ai fait le geste.

Effleurement de l’instant qui fait basculer et le corps et la bouche dans le doute. Un arrêt sur image où l’esprit s’empare de la chair, s’étend jusque dans les tempes et s’étire dans le front. Une cacophonie qui fait écho à la dynamique d’un pouls qui n’est plus sous contrôle.

Je les connais bien ces moments-là. Ils cernent certaines de mes nuits. Se plaisent à toiser l’absence et défier le vide. Charmeurs, ensorceleurs, la raison est leur principale proie. L’envie, leur meilleure tentatrice.

Et à chaque fois, c’est toujours le même refrain. L’envie. L’envie. Le besoin d’un peu. Le besoin d’autre chose. Le besoin d’un son. Le besoin d’une entente. Le besoin d’un rythme. Le besoin d’une voie. Juste un encore un tout petit peu. Juste un juste… Le manque.

Combien de minutes ont côtoyé l’instant ? Un bouquet de secondes chutant dans le mutisme ? Un bouquet de raisons fouettant l’entrain ? La notion s’est retirée. L’écoulement du temps s’est asséché sur mes lèvres. C’est toujours pareil, la même rengaine, la même douleur. Celle qui empoigne la poitrine, qui pétrit une boule dans la gorge. La même qui grince des dents, qui s’époumone dans l’écrit, le silence. Toujours le même amour, qui relance et soutire des révoltes lacrymales.

Combien le temps a-t-il creusé encore plus profond la plaie ? Combien ai-je tutoyé de Puisque ? Combien ai-je refusé d’entendre de Parce que ? Et ces pensées qui rabâchent et ressassent que Nous n’a jamais été aussi pur qu’ici. Que là-bas, y’a toi, y’a moi, y’a nos loupés. Qu’ici y’a la sagesse, le détour, l’excuse. Que là-bas y’a le renoncement, l’origine, nos corps. Qu’ici y’a l’infini, le rêve, la survivance. Que là-bas y’aurait l’harmonie dans nos voix, l’imminence du bonheur et l’éphémère stabilité de l’instant…

Combien le temps a-t-il creusé encore plus profond la plaie ?

Hier soir j’ai fait le geste.

Le doigt penché sur le téléphone. Effleurement de l’instant qui bascule dans le doute. Le manque. Le raisonnement. Hier soir j’ai fait le geste. J’ai fait la lutte. J’ai fait la raison.

Un écho, une rechute. J’ai des faiblesses collées à mes basques tu sais.

Tu y as toujours ta place et je fais toujours le même geste. Toujours le même.

...

Contact.

M.

( Et ce ce défilement du bout du doigt )

Manon

Marie

Marie Ma

Martine

Matthieu

Maxou

Michel

Mireille

Monique

 …Et …

« Mon âme »

… « Mon âme »....

Tu y as toujours ta place et je fais toujours le même geste. Toujours le même.

Déposer le téléphone. Toujours le même silence noyé dans une note, un mot…Noyé Ici. 

Toujours le même geste ....

La raison. 

 

( musique Era - Ibelieve In G )

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03 avril 2013

Mon poète

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Oui, ça crève encore les yeux, le cœur en amende, en intime.

On pourrait le voir bienheureux, avec la peur qui le sublime.

Mais les yeux levés vers son ciel, déversent ces gouttes de pluie

Trop de larmes...ces essentiels. La fin d'un hiver... la survie.

Installé là dans son fauteuil, le calme a pris son apparence

Un encrier comme cercueil, les feuilles choient telle l'absence.

Déluges de cris en ses doigts, l'angoisse au sein de ses prières

L'orage s'étouffe en sa voix, le soleil gît sur ses paupières.

Qui peut « falloir un éternel », en chaque vie, en chaque vœu ?

Un bout d'accord dans le charnel ? Un bout de soi même boiteux ?

Mais ça crève encore les mains maquillées d'encre et de caresses

L'amour s'écrie en parchemin, alliant l'envie et la tendresse .

Les mots comme unique raison déchirent un bout d'existence

Lavant, foulant toute passion pour l'accusé d'une souffrance.

Installés là au quotidien, ses vers s'opposent à la nuit

Le jour à beau feindre l'éteint, la mémoire dort avec lui.

Puis l'inconscient en bouclier froisse ses draps et puis sa peau

Car dans son lit toujours défait, repose un antan, son bourreau.

Qui peut « souffrir un idéal » en chaque mots, en chaque cœur ?

Un fou destin qu'on dit banal ? L'espoir narré tel un auteur ?

Et ça crève encore le corps feignant succomber à l'hier

La vie se compare à la mort, un doux supplice au goût d'enfer.

Le silence comme témoin, accouche l'écrit d'un « Pourquoi »

La symphonie souffle un besoin de s'amoindrir sans une croix.

Installé là au bord du lit, l'égarement s'est éclairé

La plume étreinte d'insomnie, pleure un pesant de regretter

Alors s'érigent les « Comment », à fleur de peau, sur une page

Et se noircissent les tourments au seuil des lignes, des ombrages.

Qui peut « sombrer l'inspiration » au cœur de l'âme d'un poète ?

Un parfait d'Amour, l'illusion ? Ou l'altération d'une quête ?

2007

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02 avril 2013

Au temps d'écriture et de saisons

 

Le manque tremble oui. Et la douleur s’émerveille toujours un peu plus à me reconnaître. Mais existe-t-il vraiment un amour heureux ailleurs que dans l’absence des promesses ? Existe-t-il vraiment un Âmour heureux ailleurs que dans la fusion de deux âmes ? 

 

Aneta Ivanova 4

 

 

Combien d’illusions ai-je côtoyées avant de saisir que le désespoir est ailleurs ? Combien de mensonges me suis-je avouée avant d’atteindre une vérité infinie ? Il y a dans aimer, autant de métaphores que de fantasmes. Autant d’écritures que de saisons. Il y a dans le plaisir, la contraction de la blessure.  

J’ai épuisé l’espoir, abandonné l’attente. J’ai brisé ces chaînes qui rudoient la réalité. L’aveuglement ne nait pas de l’amour mais d’une conviction. De l’obstination à chercher en l’autre ce qui ne réparera jamais l’Avant. De l’acharnement à vouloir ce qui nous éloigne toujours un peu plus de nous-même. L’aveuglement nait de l’imitation du bonheur. De l’entêtement du geste cherchant l’aurore à chaque pas.

Ici…. fut notre temple. La composition d’un Nous qui a traversé pores et veines. Ce lieu où tout résiste, tout subsiste même le renoncement. Surtout le renoncement. Un lieu où l’amour se purifie à chaque épuisement de jours. L’échec s’efface mot après geste. Souffle après souvenirs. Silence après regains.

Tout y est empreintes. Et l’encore et le jamais. Et ta prose et Mano. Et l’absence et Hier. Stigmate de ce que je suis après toi… avant moi. L’âme y transcende ses limites. Elle y tutoie notre invisible au combien parfumé.

Il est des pas qui ne s’effaceront jamais. Des vertiges qui ne cesseront jamais de tourner. 

Et c’est la nuit que résonne ta voie. L’obscurité illumine le silence. Tout se joue dans cet instant qui précède la larme et qui suit la douleur. Lorsqu’à fermer les yeux, les cieux deviennent la source. Lorsqu’à Ecrire se joint l’ivresse. Lorsqu’à refaire l’Âmour, l’indicible s’élève.

Ici ? Le choix n’a plus de frontières. Et j’aime à penser que mon âme y rejoint la tienne. Que nos doigts ne se parleront plus, mais se feront à jamais la tendresse et l’union. Et j’aime à te vivre là. Juste et toujours encore plus profond. Juste et toujours suffisamment près pour déshabiller l’aussi loin.

Le manque tremble oui. Et la douleur s’émerveille toujours un peu plus à me reconnaître. Mais existe-t-il vraiment un amour heureux ailleurs qu’ici ?

Car ici, je n’attends plus.

Je te vis. 

 

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Musique Christophe Jacquelin

Photo : Aneta Ivanova )

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30 mars 2013

Introversion d'Avoir

 

 

J’habite un corps né sous tes mains, un être emperlé, abrité  sous mes yeux. Ici le temps se fait embrun et conjugaison. 

 

Aneta Ivanova

 

 

J’habite un juste milieu, un repaire de pensées éblouies par un Adieu qui préfère l’agonie à la Vie. Qui préfère s’alanguir sur la langue plutôt que s’incliner sur les lèvres de l’absence. Les rides y transportent en elles leurs témoignages… L’intention.

Il n’est d’autre lieu où se démystifie le silence. Ci-git ce qui me transporte à demain. Ce qui revient inlassablement entre deux raisons. Ici l’histoire écrit l’auteur. Hier s’étire jusque dans les veines, vagabonde en sainte axe. Espérer ne rime à rien lorsque l’Âmour est manifeste.

Alors se dresse l’évidence. La mémoire se joue des jours, sème des retours d’effluves et cultive ton ombre.

Ciel que l’apaisement y est crève-cœur qui soulage.

Et même si parfois, le manque vient à blesser la semblance, subsiste toujours le goût de tes lèvres pour polir le tissage. J’ai tes mots dans la poitrine, ta prose dans le cœur, ton silence sur mes lèvres et ton corps transi sur ma peau. Le mutisme compose avec l’attachement, ce qui parfait la compensation.

L’Ecrire est devenu « jouer avec le temps », tisser des saisons et bâtir des desseins. Je mime le bonheur dès lors que mon esprit me conte Nous. Dès lors qu’il me rappelle le commencement (notre fin). Depuis, mon monde ne tourne plus à l’envers. Il fréquente mes erreurs, les courtise et prévaut les hauts et les bas… Les sourires couchés sous les larmes.

Tu me manques terriblement Âmour … Mais la raison se fout du manque, se fout de mes fissures. Ici, le verbe sanctifie les acquis.

Le présent culmine et dépasse les toits des châteaux en Espagne jamais bâtis. Ici, Nous est un rescapé, rédempteur de mes heures... d'Être. Tous les toits des cathédrales ne sauraient prier l'Adieu ... L'Amen.

Ici domine un besoin de Toi en Moi. D'un "jamais oublier"....

 

( photo Aneta Ivanova ) - ( Musique Léonard Cohen ) 

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20 mars 2013

Vivre sur toi-même

Aneta Ivanova 2

S’il est des cicatrices qui cisaillent le Temps, le corps contient l’absolu de son ouvrage.

Le passé ne s’efface pas. Il construit des histoires, écrit des édifices. Enchevêtrement de sentiments, de sillons creusés à force d’avoir. A force de perpétuation. A force de croyance. C’est ainsi que je prétexte mon avenir. L’oubli dans le dos, la peur devient un verbe qui ne s’écrit qu’au futur. Ici le présent est dimension de l’âme. Plus rien ne se débat. Ni les envies, ni les espoirs, ni le dépit. Plus rien n’a de fin, n’a de soif. Le choix se fait d’amour, de raisons et d’intentions.

Ici la langue épouse ta langue. Le Mot flirte avec tes mots. Le silence galantise ton silence. Le ciel se fond au tutoiement des âmes. Je porte en moi le dépouillement de la sagesse. Je porte en moi l’histoire, le chemin, le consentement, l’esprit, nos des routes…

Je porte en Moi l’au-delà… Toi.

S’éprouve l’Adieu comme un septième ciel assis au-dessus du sixième sens. J’habite un Moi où se déshabille le souvenir. L’antre est tapissé de tes caresses. Ici, rien n’est aussi vrai que l'ombre de tes mains écrite sur ma peau. Les draps y sont froissés par la mémoire.

Ici est un recueil… Ce serait un idéal s’il n’était parfois chagriné par un grain de poussière, un détail.... :

Si le manque n’a qu’un corps, il a deux visages. 

(Photo de Aneta Ivanova)

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19 mars 2013

Sans conditions mais conditionnel

Mes pas se fendent dans la masse et se maquillent. Travestissement du soi où l’apparence est en trompe l’œil. La raison ne me suit plus. Je ne sais même plus l’enfant que j’aurais pu être. Le temps dresse des repères, imbrique les émotions, renforce. Fragilité d’une certitude qui habite, mais qui ne vêtira jamais l’expérience.  

Ici, c’est différent. Un espace sans forme dans lequel le fond sent ton visage. Une fragrance qui me console et me préserve.  Malgré le silence dans l’éloignement, malgré l’absence dans l’absence. Un vide dans le vide qui laisse mes mots orphelins. Si le verbe n’ose plus d’extravagances, l’écriture devient sérum de Vérité qui subsiste. Si tristes qu’elles soient, mes pensées portent ma vie et m’éloignent d’autre part. De l’autre rive.

Comme si vivre ailleurs  faisait naître un autre danger, un autre « sans toi ». Plus violent. Plus sombre. Plus éprouvant qu’avant notre printemps. Un autre hiver. Un autre temps qui, de ton toi, s’est vu périr. Tu fus ma naissance, mon droit, ma libération. Quel autre ailleurs saurait mieux mon âme ?

Ici, je te sens, je te goûte… Te caresse. Une dimension où le pouvoir n’a plus de nom. Un lieu où s’éveille l’enfant que je ne t’aurais jamais donné.Que nous n'avons jamais eu.  

Il a tes mains. Il a ta bouche…

Il a tes silences.

Quand son regard m’échappe, je le sens.. là, jamais loin … si près, si vrai. Intériorité d’aimer.  Comme si neuf mois dépassés ne l’avaient jamais séparé de cet aussi près, du tutoiement de nos âmes. S’il lit les Fleurs du Mal, il en cueille ses pétales.

C’est un garçon.

Celui que je n’ai jamais eu là-bas. Que je n’aurai jamais ailleurs.Il est ce rêve qui n'aura jamais eu le droit d'être... Sauf ici.

Si tu voyais son regard… Il a ton odeur mon âme.  

Ici, le Nous s’apprivoise, s’éternise, sans autre égard que celui du vouloir. L’illusion d’un Avoir faisant l’amour à l’essence d’Être. C’est en somme, un prolongement qui m’éloigne de l’oubli , qui me défend, m’abrite et me rapproche de ces espoirs tus …. en vain, mais l’âme réaliste. Un lieu où pas un jour ne se passe sans toit.

( musique ennio morricone )

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17 mars 2013

Immatérialisme d'être

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Photo de Elena Oganesya

Ici. Le temps n’a plus d’accords ni d’endroits. Flottement entre deux jours. Entre deux mots. Entre un passé et cette ultériorité qui me distance toujours un peu plus.  Entre deux mondes. Celui qui fut notre et cet autre sans visage. Sans arôme. Cet autre sans nom, spectre d’un avenir qui m’importune.

Ici. C’est la famine, un fossé entre deux rives. Un silence qui persiste et s’étire entre le jour et ses nuits. Entre toi et moi. Comme un espoir indécis à la gorge brisée. La voix ne brûle plus la langue. C’est un chant de cendres, de paroles évanouies. Seul un fondu de chagrin s’épuise et s’ébruite sur mes joues. Vacarme assourdissant d’un mutisme qui s’essaye à écrire. Ecrire, pourfendre l’inévitable. Tuer la fin à coup d’en corps. Encore. Juste un peu. Juste un geste. Juste une pensée. Un souvenir. Juste un lien.

Ici. C’est l’inachevé. Un lieu où l’écrit devient prétexte d’une continuité. Allégorie de l’être et consistance qui maintient en vie la raison. Une métamorphose, une tendresse qui s’éternise. Un sentiment qui se façonne à l’abri des erreurs et de la décrépitude. L’accomplissement d’un soi à l’image de ce qui aurait pu être. Ou avoir.

Ici. Pas un jour ne passe sans ses crépuscules. Sans ses ombres, ses fantômes. L’heure y est suspendue. Le temps s’arrête. ( Illusion me diras-tu ). Mais c’est elle qui me protège. Et d’ailleurs et d’ici. De ces douleurs qui m’attendent là-bas. De l’autre rive. Des « sans toi ». L’illusion perpétue, épilogue. Elle prolonge l’achèvement et contourne l’adieu.  

Ici. Est un espace sans forme, ni saisons, ni matière. L’infini. Où seule l’étreinte ne se conjugue plus. C’est le renoncement de l’abandon. La chair y est poème. Seul lieu où subsiste Nous, même sans nous. Une Mort vivante qui n’a en soi, qu’ici comme demeure.

Ici. C’est un brouillard animé d’une lueur. Un Nous brûlant, vivant. L’Âmour y est sublimé ;  l’Intemporel, accompli.

 

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16 mars 2013

Ecritoire. Petit nécessaire qu'il m'eut fallu pour écrire.

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L'éphémère illusion porte en Elle un savoir :

Le sensible est aussi blessant que la raison

Il porte à bout de bras, l'heure, le temps, l'endroit

Où coucher le mot et mettre la plume à genoux.

Si l'écriture est Eternel, écrire ne l'est pas. 

 

...................

 

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