22 avril 2013

Motus et bouche révolue

anita ivanova 4

Les jours s’effilochent, fil après cil.

Le temps glisse sous mes pas et pousse dans mes doigts.

Héritage d’une rencontre qui porte ton nom. D’une histoire qui me raconte. D’un regard que je me porte.

Je détisse jour après jour, silence après lointain, ce qui m’exagère parfois et me soutient souvent.  

....

Je n’écris plus.

Ou peu.

Juste se griffonne....

Le silence de l’écriture.

 

Photo : Anita Ivanova

 

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20 avril 2013

Les moulins de mon coeur

Amaury Vassili interprète "Les moulins de mon coeur", une reprise de Michel Legrand

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17 avril 2013

The Letters

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14 avril 2013

Qu'Enfer d'aimer ?

 

Qu’en faire dis-moi ? Qu’en faire de ces couleurs blanches aux reflets de nuits ? Ces heures qui se comptent en temps éveillés, en secondes bues à coups de gorgées solitaires ? 

 

Qu'enfer de toi

 

Qu’en faire de ces histoires que je me raconte au coin du feu qui brûle encore dans le cœur ? De ton image accoudée devant moi, où que j’aille, où que je titube, où que je veuille et ne veuille pas. Qu’en faire de ce premier regard tatoué sous mes paupières ? De ce coup de foudre qui raisonne dans nos échanges perdus ? Dans ces années qui m’écrivent encore des mots doux muets, des mots poèmes, des mots silences.

Qu’en faire dis-moi ? De ces jours qui s’évanouissent sur un sol dépeuplé de nos pas dans le futur. De tous ces non-dits qui chuchotent sous mes tempes et se marchandent des Puisque contre des Mais. Qu’en faire de ce croquis inachevé suspendu en-dessous de ma mémoire ? Au-dessus de ces désespoirs qui me harcèlent à chaque coin de joies ?

Parce que c’est pas facile tu sais. Parce que le silence c’est toi. Parce que l’ailleurs c’est toi. Parce que le mutisme c’est toi. J’ai pas appris à être toi. J’ai pas appris à faire toi. J’sais pas faire, et j’apprends …. et j’trébuche.

Alors toi…

Dis-moi qu’en faire ? Qu’en faire de cet amour que tu m’as confié ? De ce Nous qui vit toujours, qui survit dans les chuchotis de l’âme ? Qui batifole avec l’adieu et se déboutonne devant l’infini. Qu’en faire de ce parfum qui me poursuit jusque dans mes oublis. De l’attitude de tes lèvres moulées sur ma peau. Qu’en faire de ces Je que tu m’as appris. De celle que je suis et n’arrive plus à être ? De mon ego désaxé sans ton regard. Qu’en faire de tout ça ?

Qu’en faire de cette envie d’abdication devenue solidaire au besoin d’immortaliser ? De ces sautes d’humeur usées par l’absence ? Qu’en faire de cette douleur de ne plus apercevoir ta présence, de ne plus sentir ton ombre sur la mienne ? De ces mots qui ne te toucheront plus. Qui ne t’atteignent plus. Qu’en faire de cette folie ? De ces épithètes qui parlent tous seuls et de ces métaphores qui perdent la raison ?

J’y ai songé tu sais.... Plumer mes nuits de l’écriture. Gommer ce qui me reste de créer. Mais où que je regarde, l’Impossible me paralyse.

Parce que c’est pas facile tu sais. Parce que le silence c’est toi. Parce que l’ailleurs c’est toi. Parce que le mutisme c’est toi. Parce qu'ici c'est Toi. J’ai pas appris à être toi. J’ai pas appris à faire toi. J’sais pas faire, et j’apprends oui ….

Et j’trébuche.

Alors toi… Dis-moi … Pour qu’Enfer d’aimer devienne Paradis, que faire ?  

Qu’en faire de Toi ?

…..

'cause I believe there's a place
There's a place where we belong.

Musique : Peter Gabriel - Don't give up

Photo : Internet (....)

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11 avril 2013

En deux mots

.......

Une plus belle "vraie" chanson d'amour ...

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09 avril 2013

Créer

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07 avril 2013

Déraison palabrée

Hier soir j’ai fait le geste.

Effleurement de l’instant qui fait basculer et le corps et la bouche dans le doute. Un arrêt sur image où l’esprit s’empare de la chair, s’étend jusque dans les tempes et s’étire dans le front. Une cacophonie qui fait écho à la dynamique d’un pouls qui n’est plus sous contrôle.

Je les connais bien ces moments-là. Ils cernent certaines de mes nuits. Se plaisent à toiser l’absence et défier le vide. Charmeurs, ensorceleurs, la raison est leur principale proie. L’envie, leur meilleure tentatrice.

Et à chaque fois, c’est toujours le même refrain. L’envie. L’envie. Le besoin d’un peu. Le besoin d’autre chose. Le besoin d’un son. Le besoin d’une entente. Le besoin d’un rythme. Le besoin d’une voie. Juste un encore un tout petit peu. Juste un juste… Le manque.

Combien de minutes ont côtoyé l’instant ? Un bouquet de secondes chutant dans le mutisme ? Un bouquet de raisons fouettant l’entrain ? La notion s’est retirée. L’écoulement du temps s’est asséché sur mes lèvres. C’est toujours pareil, la même rengaine, la même douleur. Celle qui empoigne la poitrine, qui pétrit une boule dans la gorge. La même qui grince des dents, qui s’époumone dans l’écrit, le silence. Toujours le même amour, qui relance et soutire des révoltes lacrymales.

Combien le temps a-t-il creusé encore plus profond la plaie ? Combien ai-je tutoyé de Puisque ? Combien ai-je refusé d’entendre de Parce que ? Et ces pensées qui rabâchent et ressassent que Nous n’a jamais été aussi pur qu’ici. Que là-bas, y’a toi, y’a moi, y’a nos loupés. Qu’ici y’a la sagesse, le détour, l’excuse. Que là-bas y’a le renoncement, l’origine, nos corps. Qu’ici y’a l’infini, le rêve, la survivance. Que là-bas y’aurait l’harmonie dans nos voix, l’imminence du bonheur et l’éphémère stabilité de l’instant…

Combien le temps a-t-il creusé encore plus profond la plaie ?

Hier soir j’ai fait le geste.

Le doigt penché sur le téléphone. Effleurement de l’instant qui bascule dans le doute. Le manque. Le raisonnement. Hier soir j’ai fait le geste. J’ai fait la lutte. J’ai fait la raison.

Un écho, une rechute. J’ai des faiblesses collées à mes basques tu sais.

Tu y as toujours ta place et je fais toujours le même geste. Toujours le même.

...

Contact.

M.

( Et ce ce défilement du bout du doigt )

Manon

Marie

Marie Ma

Martine

Matthieu

Maxou

Michel

Mireille

Monique

 …Et …

« Mon âme »

… « Mon âme »....

Tu y as toujours ta place et je fais toujours le même geste. Toujours le même.

Déposer le téléphone. Toujours le même silence noyé dans une note, un mot…Noyé Ici. 

Toujours le même geste ....

La raison. 

 

( musique Era - Ibelieve In G )

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03 avril 2013

Réminiscence conjuguée

Priss

 Te souviens-tu des verbes que nous écrirons, sur les hanches du temps, galbe des autrefois ?
De ces rêves que nous tisserons, fil après fil, ride après ride? 
Lorsque la Nuit croulera sous l'espérance, qu'elle prendra l'escampette comme poudre aux yeux ...
Lorsque le soleil ouvrira son horizon, aura convié mes pas dans l'infini de tes soupirs.
Te souviens-tu de ces promesses qu'on sèmera dans le jardin.. 
Ce secret trop bien confié à nos entrailles et nos raisons. 
Te souviens-tu des goutte-à-goutte qui te portaient sur mon sein, en écriture de tendresse mêlée à l'encre de ta bouche. 
Et ces instincts qu'on lèvera, en vers bancals et doux écrits.
Des lettres.
Des maux qu'on gommera a chaque corné de pages et de l'histoire.
Je me souviens de ces élans qui porteront ton nom bien au delà de nos orages.
Et de ces torts essorant mes pupilles, de ces regrets.
Des formations de larmes...
Et j'ai la peau qui déraisonne au son du temps qui nous encolle et qui nous plaque sur le mur, clouant nos mains.
Clouant le bec de ces Malgré qui nous courtisent.
Te souviens-tu de ce revers que l'amour nous collera.
De ces chansons qui bégaieront lorsque la vie titubera.
Et j'ai le coeur mis en bouteille.
Jeté à l'eau, jeté sans fonds. 
Lorsque les astres me revenaient telle une vie trop bien croquée.
Et j'ai le coeur à l'étouffé lorsque s'imprime ton image dans les battements d'une vie que j'ai perdu
En grignotant ta destinée.
Pourtant ...
Oui...
Pour temps, j'ai mis des ans dans mes souliers.
Promis des heures à l'éternel, troquant tes yeux contre un futur. 
J'ai courbé l'échine au moment où je devrai me relever.
Fermé les billes pour ton printemps.
Fermé l'Encore qui raisonne au bord du vide quand t'es pas là.
Te souviens-tu tous les non-dits qui claquent là, sur cette page.
Ces trop de nous dans mes sommeils, ces trop de toi en insomnie.
As-tu la peur qui se soulève autant que mes joues en tes doigts ?
Te souviens-tu d'après Deux mains ? D'après le croisé de nos doigts?

Te souviens-tu des verbes que nous écrirons
Sur les hanches du temps.
Le galbe de nos Encore.

 

2007

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Mon poète

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Oui, ça crève encore les yeux, le cœur en amende, en intime.

On pourrait le voir bienheureux, avec la peur qui le sublime.

Mais les yeux levés vers son ciel, déversent ces gouttes de pluie

Trop de larmes...ces essentiels. La fin d'un hiver... la survie.

Installé là dans son fauteuil, le calme a pris son apparence

Un encrier comme cercueil, les feuilles choient telle l'absence.

Déluges de cris en ses doigts, l'angoisse au sein de ses prières

L'orage s'étouffe en sa voix, le soleil gît sur ses paupières.

Qui peut « falloir un éternel », en chaque vie, en chaque vœu ?

Un bout d'accord dans le charnel ? Un bout de soi même boiteux ?

Mais ça crève encore les mains maquillées d'encre et de caresses

L'amour s'écrie en parchemin, alliant l'envie et la tendresse .

Les mots comme unique raison déchirent un bout d'existence

Lavant, foulant toute passion pour l'accusé d'une souffrance.

Installés là au quotidien, ses vers s'opposent à la nuit

Le jour à beau feindre l'éteint, la mémoire dort avec lui.

Puis l'inconscient en bouclier froisse ses draps et puis sa peau

Car dans son lit toujours défait, repose un antan, son bourreau.

Qui peut « souffrir un idéal » en chaque mots, en chaque cœur ?

Un fou destin qu'on dit banal ? L'espoir narré tel un auteur ?

Et ça crève encore le corps feignant succomber à l'hier

La vie se compare à la mort, un doux supplice au goût d'enfer.

Le silence comme témoin, accouche l'écrit d'un « Pourquoi »

La symphonie souffle un besoin de s'amoindrir sans une croix.

Installé là au bord du lit, l'égarement s'est éclairé

La plume étreinte d'insomnie, pleure un pesant de regretter

Alors s'érigent les « Comment », à fleur de peau, sur une page

Et se noircissent les tourments au seuil des lignes, des ombrages.

Qui peut « sombrer l'inspiration » au cœur de l'âme d'un poète ?

Un parfait d'Amour, l'illusion ? Ou l'altération d'une quête ?

2007

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02 avril 2013

Au temps d'écriture et de saisons

 

Le manque tremble oui. Et la douleur s’émerveille toujours un peu plus à me reconnaître. Mais existe-t-il vraiment un amour heureux ailleurs que dans l’absence des promesses ? Existe-t-il vraiment un Âmour heureux ailleurs que dans la fusion de deux âmes ? 

 

Aneta Ivanova 4

 

 

Combien d’illusions ai-je côtoyées avant de saisir que le désespoir est ailleurs ? Combien de mensonges me suis-je avouée avant d’atteindre une vérité infinie ? Il y a dans aimer, autant de métaphores que de fantasmes. Autant d’écritures que de saisons. Il y a dans le plaisir, la contraction de la blessure.  

J’ai épuisé l’espoir, abandonné l’attente. J’ai brisé ces chaînes qui rudoient la réalité. L’aveuglement ne nait pas de l’amour mais d’une conviction. De l’obstination à chercher en l’autre ce qui ne réparera jamais l’Avant. De l’acharnement à vouloir ce qui nous éloigne toujours un peu plus de nous-même. L’aveuglement nait de l’imitation du bonheur. De l’entêtement du geste cherchant l’aurore à chaque pas.

Ici…. fut notre temple. La composition d’un Nous qui a traversé pores et veines. Ce lieu où tout résiste, tout subsiste même le renoncement. Surtout le renoncement. Un lieu où l’amour se purifie à chaque épuisement de jours. L’échec s’efface mot après geste. Souffle après souvenirs. Silence après regains.

Tout y est empreintes. Et l’encore et le jamais. Et ta prose et Mano. Et l’absence et Hier. Stigmate de ce que je suis après toi… avant moi. L’âme y transcende ses limites. Elle y tutoie notre invisible au combien parfumé.

Il est des pas qui ne s’effaceront jamais. Des vertiges qui ne cesseront jamais de tourner. 

Et c’est la nuit que résonne ta voie. L’obscurité illumine le silence. Tout se joue dans cet instant qui précède la larme et qui suit la douleur. Lorsqu’à fermer les yeux, les cieux deviennent la source. Lorsqu’à Ecrire se joint l’ivresse. Lorsqu’à refaire l’Âmour, l’indicible s’élève.

Ici ? Le choix n’a plus de frontières. Et j’aime à penser que mon âme y rejoint la tienne. Que nos doigts ne se parleront plus, mais se feront à jamais la tendresse et l’union. Et j’aime à te vivre là. Juste et toujours encore plus profond. Juste et toujours suffisamment près pour déshabiller l’aussi loin.

Le manque tremble oui. Et la douleur s’émerveille toujours un peu plus à me reconnaître. Mais existe-t-il vraiment un amour heureux ailleurs qu’ici ?

Car ici, je n’attends plus.

Je te vis. 

 

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Musique Christophe Jacquelin

Photo : Aneta Ivanova )

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