Qu’en faire dis-moi ? Qu’en faire de ces couleurs blanches aux reflets de nuits ? Ces heures qui se comptent en temps éveillés, en secondes bues à coups de gorgées solitaires ? 

 

Qu'enfer de toi

 

Qu’en faire de ces histoires que je me raconte au coin du feu qui brûle encore dans le cœur ? De ton image accoudée devant moi, où que j’aille, où que je titube, où que je veuille et ne veuille pas. Qu’en faire de ce premier regard tatoué sous mes paupières ? De ce coup de foudre qui raisonne dans nos échanges perdus ? Dans ces années qui m’écrivent encore des mots doux muets, des mots poèmes, des mots silences.

Qu’en faire dis-moi ? De ces jours qui s’évanouissent sur un sol dépeuplé de nos pas dans le futur. De tous ces non-dits qui chuchotent sous mes tempes et se marchandent des Puisque contre des Mais. Qu’en faire de ce croquis inachevé suspendu en-dessous de ma mémoire ? Au-dessus de ces désespoirs qui me harcèlent à chaque coin de joies ?

Parce que c’est pas facile tu sais. Parce que le silence c’est toi. Parce que l’ailleurs c’est toi. Parce que le mutisme c’est toi. J’ai pas appris à être toi. J’ai pas appris à faire toi. J’sais pas faire, et j’apprends …. et j’trébuche.

Alors toi…

Dis-moi qu’en faire ? Qu’en faire de cet amour que tu m’as confié ? De ce Nous qui vit toujours, qui survit dans les chuchotis de l’âme ? Qui batifole avec l’adieu et se déboutonne devant l’infini. Qu’en faire de ce parfum qui me poursuit jusque dans mes oublis. De l’attitude de tes lèvres moulées sur ma peau. Qu’en faire de ces Je que tu m’as appris. De celle que je suis et n’arrive plus à être ? De mon ego désaxé sans ton regard. Qu’en faire de tout ça ?

Qu’en faire de cette envie d’abdication devenue solidaire au besoin d’immortaliser ? De ces sautes d’humeur usées par l’absence ? Qu’en faire de cette douleur de ne plus apercevoir ta présence, de ne plus sentir ton ombre sur la mienne ? De ces mots qui ne te toucheront plus. Qui ne t’atteignent plus. Qu’en faire de cette folie ? De ces épithètes qui parlent tous seuls et de ces métaphores qui perdent la raison ?

J’y ai songé tu sais.... Plumer mes nuits de l’écriture. Gommer ce qui me reste de créer. Mais où que je regarde, l’Impossible me paralyse.

Parce que c’est pas facile tu sais. Parce que le silence c’est toi. Parce que l’ailleurs c’est toi. Parce que le mutisme c’est toi. Parce qu'ici c'est Toi. J’ai pas appris à être toi. J’ai pas appris à faire toi. J’sais pas faire, et j’apprends oui ….

Et j’trébuche.

Alors toi… Dis-moi … Pour qu’Enfer d’aimer devienne Paradis, que faire ?  

Qu’en faire de Toi ?

…..

'cause I believe there's a place
There's a place where we belong.

Musique : Peter Gabriel - Don't give up

Photo : Internet (....)