29 juillet 2012

Artificieuse humeur

toucher la lune

( photo : © Martin Waldbauer http://facebook.com/photoarchive )

A regarder le ciel se vautrer sous mes yeux, brisé en mille éclats et tonnerres repus, j’en oublie parfois la langue effarouchée, que l’amour se rature. Se griffure. Il n’y a pas d’horloge à l’heure, de soleil au rendez-vous. Il n’y a pas de foi sans illusions bien foutues. Ni de princesse sans un fou charmant sur un cheval blanc. Il n’y pas de conte à rebours ou de secours. Les histoires se racontent au coin du feu qui brûle dans le cœur. Les histoires se tissent telles toiles suspendues aux murs des pantins.

A regarder le ciel s’esquinter, j’en oublie que l’amour ça se gangrène. Ça rumine l’antan, ingurgite des croisés de mains et d’espoirs. Ça s’infiltre, ruisselle, se répand et tourne, vire, coule dans les veines à s’en croupir le vocabulaire. A s’en flageller la conjugaison.  La langue s’effarouche oui. Elle s’amoche et se démaquille. Se travestit. 

Pourtant, un poème ça répare.

Un poème ça épice l’horizon.

Ça sucre un brin de folie.

Un poème ça se déhanche et fait le beau. 

A regarder le ciel s’effondrer, j’en oublie que l’amour ça s’orage dans les tripes. La foudre ne frappe pas que les promesses. Elle moleste l’embryon d’un à venir. Elle rudoie la raison. Elle déchire des pages écrites à la sueur d’un don. La foudre frappe aussi bien les mots. Elle colère les sentiments.

Y’a pas de ciel gris sans l’aveu d’un regret. Y’a pas de nuages sans un au revoir à abriter. Ni de bourrasque sans une peur à taire et à cacher. 

A regarder le ciel s’échiner, j’en oublie que l’amour ça fait le dos rond. Ça s’agenouille, ça se supplie. J’en oublie que l’amour ça s’écrit pas. Ça s’existence. A s’en croupir le vocabulaire. A s’en flageller la conjugaison.

Pourtant … 

Un poème ça délivrance.

Un poème ça enfante.

Un poème ça fait l'amour.

 

Catangèle

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