04 juin 2012

Espoir des abusés

espoir

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Y’a ces raisons qu’on fout en l’air

Qu’on balance de pore en port

Qu’on déchire et récupère

Histoir’ de pas gâcher le sort.

Et des refrains dans chaque impair

Ces mots qu’on appelle en renfort

Quand sous les yeux se cerne un air

De trop de mal et d’indolore.

 

Y’a c’qu’on cache sous le cœur

Des empreintes et des morceaux

De chair griffée par la douleur,

De fier confi dans un fardeau.

Et des amours, des âmes sœurs

Qui meurtrissent les idéaux

Et qui balafrent la candeur

A coup d’enfin et de pipeaux.

 

Y’a ces milliers de rêves fous

Qu’on n’ose pas peindre de bleu

Couleur du ciel, l’énorme trou

Où gisent morts, parents et vœux.

Et de ces jours mis à genoux

Pour le prix fort d’un bienheureux

Quand on a plus que des verrous

A chaque porte et chaque mieux.

 

Y’a la galère et l’écorchure

A camoufler sous des sourires

Quand trop chialer nous rend moins dur

Et fait s’enfuir amis et dires.

De ces leçons creusant l’usure

Qu’on porte haut sans s’accroupir.

Des recollés à la cassure

Pour se targuer de pas faillir.

 

Y’a les non-dits, les faux semblants

Les utopies, contes de fées

Les trahisons et les blessants,

La solitude et le budget.

Y’a tout c’qui bouffe le mordant

Même la foi, l’honnêteté.

Mais au grand dieu, ô tout puissant

Y’aura jamais  au grand jamais

 

La mort de l’âme et de penser. 

 

Catangèle

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